Réponses artistiques à la technologie de diffusion du son

Un projet de recherche sur les modalités de création et de perception dans l’avant-garde musical de l’après 1945. Vise à répondre à deux questions fondamentales, à savoir :

Quelle incidence le développement des technologies de la reproduction sonore a-t-il sur les pratiques compositionnelles des compositeurs d’affiliation avant-gardiste au cours de la deuxième moitié du 20e siècle ? Quelle incidence ce développement a-t-il sur l’expérience d’écoute des auditeurs ?

Un premier volet de ce projet se penche sur Doubles, œuvre pour orchestre de Pierre Boulez créée en 1958, et première version de ce qui est devenu Figures doubles prismes. Cette œuvre recourt à une disposition originale des musiciens. La question historiographique qui me préoccupe ici concerne la mesure dans laquelle cette œuvre renferme une inscription de la technologie de la stéréophonie en elle. Pour ce faire, il convient d’étudier à la fois le discours que Boulez a tenu sur cette œuvre, un discours qui, comme nous verrons, a connu une importante évolution au fil des ans. Il faudra également savoir capter les indices de la façon dont des oreilles contemporaines entendaient cette pièce afin de savoir si l’effet stéréophonique formait l’horizon d’attente sur fond duquel l’œuvre fut entendue à l’aube de l’ère de la chaîne haute-fidélité. Enfin, il faudra, bien sûr, voir dans quelle mesure la partition recèle des gestes pouvant être compris comme relevant d’une stéréophonie « unplugged » (débranchée) dans cette œuvre qui marquait l’entrée de Boulez dans l’univers mondain des grandes sociétés de concerts parisiennes.

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